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Port Mathurin, capitale et unique port de l'île, doit son nom à un colon français, Mathurin Bréhinier, qui fut l’un des premiers habitants de la région. Ce petit bourg, accueillant et sympathique, est situé au Nord-Est de Rodrigues. Avec ses bureaux administratifs, ses banques, ses nombreux restaurants et commerces, c’est assurément l’endroit le plus animé de Rodrigues!

6h30, Port Mathurin s’éveille. La gare routière accueille ses premiers bus déversant son lot de travailleurs. Les boutiques ouvrent peu à peu, dévoilant leurs produits hétéroclites. Les écoliers, encore endormis, se rendent au collège. Les ouvriers du port sont eux déjà à la tâche, occupés à charger ou décharger les containers d’un des deux navires qui relient chaque semaine l’île Maurice à Rodrigues. L’arrivée de ces cargos n’attire plus la foule comme autrefois quand le “Mauritius Pride” ralliait Port Mathurin une fois par mois, voire une fois tous les deux mois. C’était un véritable événement et le signe que les boutiques seraient enfin réapprovisionnées en marchandises devenues introuvables: produits ménagers, aliments divers, pièces mécaniques, journaux...

Port Mathurin ne ressemble pas aux autres capitales de l’Océan Indien comme Port-Louis (Maurice) ou St-Denis (Réunion). En raison de sa petite taille, elle reste calme et à moitié plongée dans sa torpeur, pas d’embouteillage, aucun feux de signalisation, pas de gens pressés... On s’y promène tranquillement, on furète d’une boutique à l’autre. C’est justement ces vieilles échoppes aux couleurs vives qui procurent à Port Mathurin tout son charme et sa gaieté. En bois ou en tôle, elles s’égrènent le long des rues commerçantes au centre du village. Les enseignes des boutiques portent souvent les noms de leurs propriétaires, qui sont en grande majorité chinois. D’autres, peintes à la main, vantent les mérites du magasin. On est bien loin des chaînes de supermarchés de Maurice ou de la Réunion, authentiques temples de la consommation. Ici, pas de rayons bien ordonnés, de hordes de caddies et d’incessantes annonces promotionnelles. Juste un amas de marchandises éclectiques. Pour trouver son bonheur, il faut littéralement fouiller! Tout s’y côtoie: au plafond les chapeaux sont suspendus à coté des roues de vélo et des balais, sur les étagères bringuebalantes un joyeux capharnaüm règne: coupons de tissus chatoyants, jouets en plastique, produits ménagers et conserves. Bonbons, tourtes rodriguaises et épices se partagent le comptoir avec des cartes postales défraîchies et quelques journaux. En vitrine, des accordéons cohabitent avec une balance, des bonnets et des casquettes. Bref, un joyeux bazar! La vannerie et les préparations à base de piments sont incontournables à Port Mathurin. Les boutiques d'artisanat local vendent des articles habilement confectionnés en raphia ou en vacoas (chapeaux, paniers, corbeilles, coffrets), tandis que de minuscules échoppes ou des vendeurs de rue proposent des petits pots de piments confits, piments-limons, achards de papayes, de mangues..., de quoi s’enflammer la bouche!

Et mis à part les boutiques, me direz-vous, qu’y a-t-il à voir ou à faire? A vrai dire rien de bien précis, il faut simplement flâner dans les rues de ce village. Au détour d’une rue, on découvre une belle maison coloniale et des habitations colorées dont les balcons sont ornés de saucisses qui sèchent, plus loin un joli jardin tropical débordant de gros arbres cache une petite case créole. Puis la demeure officielle du Commissaire de l'île, jalousement protégée des regards par une haute muraille dont l'entrée principale est gardée par un vieux canon. Sans oublier la charmante et typique église de village et une petite mosquée. A la sortie ouest du bourg, l’unique station service de l’île approvisionne une longue file de voitures et motocyclettes dans un joyeux brouhaha. A l’opposé, un surprenant minigolf sur le front de mer, assez insolite à Rodrigues. Puis la station des bus où il est amusant de découvrir l’imagination débordante des propriétaires de bus, leurs véhicules arborent des noms tels que “Aigle de la Route”, “King of the Road” ou “We are Satisfied”... difficile de les croire vu l’état de ces bus!

Il n’y a pas de musée à visiter (en projet, paraît-il) et pratiquement pas de monuments si ce n’est, proche du débarcadère, un mémorial érigé en souvenir des volontaires rodriguais qui participèrent à la deuxième guerre mondiale et, non loin, une statue du Solitaire (oiseau endémique, disparu au XVIIIe siècle) isolée au milieu d’un terrain vague, face à la mer. Cependant, il ne faut pas manquer de visiter les ateliers du “Craft Aid”, petite entreprise qui emploie des handicapés, chargés de concevoir une multitudes de bijoux réalisés à partir de noix de cocos mais aussi spécialisés dans l’apiculture. Depuis que le “Craft Aid” a remporté un prix d’excellence en l’an 2000 dans un concours international, le miel de Rodrigues s’est taillé une belle réputation.

Au quatre coins du village, quelques vieux bistrots, sombres et presque uniquement fréquentés par les Rodriguais, servent des rhums à réveiller un mort. Pas ou peu de femmes dans ces établissements, on y vient pour jouer aux dominos, prendre des nouvelles des amis et s'informer des dernières rumeurs ou tout simplement prendre son temps. Un temps qui semble s’être arrêté, les rues sont si calmes, les gens si nonchalants. Soudain, un gros bus vient rompre la tranquillité des lieux, “Supercopter” passe et le calme revient.

Pour le summum de l’agitation, il faut assister le samedi matin au “grand marché”. Tous les habitants de l’île s’y rencontrent, c’est l'occasion d’acheter et de vendre des produits frais: fruits, légumes, poissons, viandes, piments et l'inévitable artisanat. C’est à l'aurore que tout se joue, dès 5 heures du matin le monde afflue, les bus bondés débarquent les vendeurs venus des 4 coins de l’île avec leurs paniers débordant de victuailles. A 9h tout est pratiquement terminé, les produits frais sont déjà vendus. Dès midi, Port-Mathurin sombre dans une douce léthargie. Les boutiques ferment les unes après les autres, les bus ramènent vendeurs et acheteurs dans leurs villages. Port-Mathurin s’endort...

Texte et photos: © Fabrice Bettex / Mysterra




 
Photo île Rodrigues - Port Mathurin

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