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Histoire | Géographie | Climat | Economie | Politique | Population | Faune | Flore


Histoire

Rodrigues doit son nom au navigateur portugais Don Diego Rodriguez qui la visita en 1528 sans s’y attarder. Mais la découverte de Rodrigues est en réalité bien antérieure au XVIe siècle. Entre le Xe et le XIe siècles, les îles des Mascareignes étaient régulièrement visitées par les Arabes. Pour preuve, une carte, réalisée au XIIe siècle par le géographe arabe Al Sharif El-Edrissi, représente clairement les trois îles des Mascareignes portant les noms de Dina Arobi (Ile Maurice), Dina Margabin (Réunion) et Dina Moraze (Rodrigues).

A partir de 1601, les Hollandais s’y arrêtèrent à plusieurs reprises pour se ravitailler en nourriture sans réellement s’y établir.

Ce n’est qu’en 1691 que François Leguat et ses 7 compagnons huguenots débarquèrent sur l’île en vue de fonder une colonie de réfugiés protestants. Mais, accablés par la solitude, ils la quittèrent au bout de 2 ans pour rejoindre en radeau l’île Maurice.

Des années passèrent, l’île demeura inoccupée et servit uniquement de poste de ravitaillement aux navires qui faisaient routes pour les Indes. L’île regorgeait de tortues qui avaient déjà disparu des autres îles des Mascareignes.

Suite aux ordres de Mahé de Labourdonnais, gouverneur de l’île de France (Maurice) et de l’île Bourbon (Réunion), l'île sera occupée d'une manière permanente en 1735. Un détachement s’y installa ayant pour mission, le ramassage des tortues et leur chargement sur les bateaux de la Compagnie des Indes afin de ravitailler en viande fraîche ces deux îles et les navires de passage. Ce pillage se poursuivit durant 60 ans et entraîna leur extinction à la fin du XVIIIe siècle.

A partir de 1792, des colons vinrent rejoindre les quelques colons qui étaient restés dans l’île dévastée. Parmi eux, Philibert Maragon arriva en 1794 pour développer la culture et l’élevage. C’est à cette époque qu’arrivèrent les ancêtres de la population actuelle de l’île: des esclaves africains furent envoyés de Maurice à Rodrigues. L’île comptera au début du XIXe siècle une centaine d’habitants (22 colons et 82 esclaves).

En 1809, des troupes britanniques prirent possession de Rodrigues. C'est de là que les Anglais envoyèrent leurs forces navales pour attaquer l’île de France en 1810. Maurice et Rodrigues devinrent territoires britanniques. L’esclavage fut aboli.

L’île se peupla rapidement d’esclaves affranchis et de colons européens et compta 3’000 habitants à la fin du XIXe siècle. Les Anglais investirent très peu dans le développement de l’île, sa vocation demeurant purement agricole. Elle jouait le rôle de “grenier de l’île Maurice”, les denrées produites à Rodrigues étaient envoyées chez sa “grande soeur”.

La croissance de Rodrigues suivi un rythme lent et progressif mais sans rapport avec le développement fulgurant que connut Maurice avec son économie sucrière en pleine expansion et l’arrivée importante d’immigrants indiens.

A l’indépendance de Maurice en 1968, l’île fût intégrée au territoire mauricien.

En 2002, l’île accéda à une certaine autonomie dans la gestion de ses affaires internes. Un premier pas était fait en vue d’une totale indépendance à laquelle le gouvernement mauricien ne semble pas opposé.


Géographie

Perdue dans l'océan Indien à quelques 650 kilomètres à l'est de Maurice, l'île Rodrigues est une île d'origine volcanique.

D’une superficie de 108 km2 (18 km sur 8 km), l’île est entourée d'un récif frangeant de 90 kilomètres protégeant un lagon peu profond et deux fois supérieur à l'étendue de ses terres. Son lagon abrite 18 îlots dont les plus connus sont: l’île Hermitage, l’île aux Cocos, l’île aux Sables ou encore l’île Chat.

L’intérieur des terres est constitué d’une chaîne montagneuse qui culmine à 398 mètres (Mont Limon) et qui traverse d’est en ouest la presque totalité de l’île. Quelques ravines assez abrupte débouchent sur des baies aux couleurs émeraudes ou sur d’impressionnantes falaises.

Contrairement à sa grande soeur l’île Maurice, Rodrigues n’a pas de champs de cannes à sucre à perte de vue, ni de pitons ennuagés mais des côtes pierreuses couvertes d'herbes jaunies par la sécheresse et des montagnes vallonnées ponctuées de cultures en terrasses. D'épaisses forêts couvrent certaines parties de l’île.

Les rivages, très découpés, forment de nombreuses anses. A l’Est et au Sud, s’étendent de grandes plages de sable blond bordées de filaos.

Les principaux lieux d’intérêt sont (voir carte):

- Port Mathurin, la capitale de poche. Discrète et calme, elle abrite l’unique port de l’île.

- La caverne patate, longue de 1'057 mètres (partie accessible: environ 600 mètres), descend jusqu’à 26 mètres sous terre. Elle est ornée de stalagmites et de stalactites ainsi que d’autres formes originales de pierre de corail.

- Rivière Banane, petit village agricole perdu au fond d’une vallée. On y trouve de nombreuses plantations et deux grandes plages sauvages séparées par un pic de roche basaltique.

- L’île aux Cocos, longue bande de sable blanc couverte de filaos, est une réserve naturelle. Elle abrite de nombreux oiseaux marins.

- L’île Hermitage, avec son relief tourmenté et rocheux ainsi que sa minuscule plage paradisiaque est une invitation à jouer au Robinson.

- L’île Catherine, rocailleuse et sauvage, offre de son sommet une vue magnifique sur la côte ouest. Elle sert d’abri pour les pêcheurs à la senne qui viennent quelque fois s’y reposer.

- Plaine Mapou propose un paysage campagnard, orné d’une baie aux teintes magnifiques (Baie Topaze). Complètement isolée, la sensation de “bout du monde” est très forte.

- Tout le littoral, à explorer à pied! L’île est parcourue par d’innombrables sentiers permettant d’en faire le tour complet. Plus particulièrement, la côte accidentée de Pointe Coton à Gravier dévoilant des plages désertes et des criques de toute beauté: Saint-François, Anse Bouteille, Anse Philibert, Trou d’Argent...


Climat

Le climat est un peu plus sec et plus chaud qu’à Maurice. Il ne pleut guère à Rodrigues, les périodes de sécheresse assez longues entraînent de véritables problèmes d’approvisionnement en eau pour la population.

Comme l’île est située dans l’hémisphère Sud, les saisons sont inversées. Durant l’été, chaud et humide, qui dure de novembre à avril, les températures oscillent entre 28 et 35°C. C'est durant cette période que les risques de cyclone sont les plus importants, particulièrement en janvier et février. En “hiver”, de juin à septembre, les températures varient entre 16 et 27°C. Le vent dominant du Sud-Est est plus important en hiver.

La mer est chaude en été (25°C à 28°C) et se rafraîchit un peu en hiver (22° à 24°C).

Comme toujours dans les régions tropicales, le soleil se couche relativement tôt:
entre 18h et 19h, selon la saison.


Economie

Les principales activités économiques de l’île sont la pêche, l'élevage et la culture, particulièrement de l’oignon, de l’ail et du piment. Les plantations de maïs n'ont plus l'ampleur d'autrefois car le riz a presque complètement pris sa place comme nourriture de base.

Dans l’ensemble l’économie de Rodrigues est assez pauvre. Les habitants ont souvent plusieurs activités (pêcheurs, agriculteurs et éleveurs quand ils ne travaillent pas encore dans l’administration) qui ne suffisent pas à combler le déficit chronique de l’île. Les revenus des exportations de bétail, des produits de la pêche et des cultures vivrières sont largement déficitaires en rapport aux coûts des produits d’importations. Il y a bien eu des tentatives d’implantations d’unités manufacturières (textiles) mais qui sont restées vaines, surtout en raison des problèmes d’approvisionnement en eau.

Ces derniers temps, l’économie de l’île a toutefois connu des changements fondamentaux: le tourisme est devenu un secteur d’avenir. Les Rodriguais ont pris conscience de la valeur de leur île mais aussi de leur artisanat (vannerie, broderie, condiments, miel, etc.) qu’ils ont su développer intelligemment. Ils ne semblent heureusement pas vouloir une implantation excessive d’infrastructures touristiques afin de préserver le calme, le charme et l’authenticité de leur île. Souhaitons qu’ils puissent résister à la pression économique car le chômage, assez élevé, et la précarité des conditions de vie ont déjà encouragé de nombreux Rodriguais à rejoindre Maurice, espérant trouver l’eldorado...


Politique

L'île est actuellement une circonscription de la République de Maurice et dépend de celle-ci. Toutefois, l'Assemblée Nationale mauricienne a adopté à l'unanimité le 20 novembre 2001 deux lois donnant une autonomie à l'île Rodrigues et créant un système de gouvernement décentralisé.

Cette nouvelle législation a donc permis la mise en place à Rodrigues d'une Assemblée régionale de 18 membres et d'un conseil exécutif dirigé par un Chef Commissaire. Ce conseil se réunit chaque semaine pour prendre des décisions, élaborer des lois et gérer le budget.

Le Chef Commissaire doit informer le Premier Ministre mauricien de la conduite des affaires dans l'île.


Population

Le charme si particulier de l’île provient surtout du style de vie calme et harmonieux de ses habitants. La discrétion, la gentillesse et la simplicité sont les traits de caractère des Rodriguais. Ils vivent au rythme du temps qui s’écoule, dans le calme et la sérénité bien que la vie soit rude et l’avenir incertain.

La population de Rodrigues est estimée à 38’000 habitants dont l’écrasante majorité est créole. Des habitants au teint de jais descendants d’esclaves malgaches et africains, et une minorité de métis (surnommés "rouges") descendants des premiers colons européens forment l’essentiel de la population rodriguaise. On trouve aussi les inévitables commerçants chinois et quelques fonctionnaires indiens en provenance de Maurice.

La religion catholique est la plus pratiquée dans l’île, mais on trouve aussi un petit nombre d’hindous, de musulmans et de bouddhistes. Il faut souligner la très grande influence de la religion catholique dans la vie quotidienne et culturelle de la population. La religion, le respect des traditions et la famille sont les piliers de la vie rodriguaise.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser dans une telle société, les femmes ont une part très active, elles forment l'épine dorsale de l'économie de l'île. Avec force et courage, on les retrouve partout, à la maison, aux champs, sur les marchés et même en mer!


Faune

Les premiers signes de colonisation ont suffit à ravager l’île. L'impact des humains a été dévastateur et ce petit paradis sauvage qui avait évolué, loin des hommes, pendant des millions d'années, a été détruit en un rien de temps.

Les milliers de tortues géantes qui peuplaient l’île ont été victimes d’un commerce fructueux organisé par les colonies des îles de France et de Bourbon (Maurice et la Réunion). Et le grand oiseau Solitaire, espèce unique au monde (proche du Dodo mauricien) a été la cible des marins de passage et des colons affamés.

A la fin du XVIIIe siècle, les tortues avaient disparu et le dernier Solitaire rendait l’âme. Que reste-t-il maintenant? Des milliers d’oiseaux marins qui ont trouvé refuge sur les îlots protégés et disséminés dans le lagon comme les noddis bruns (surnommés “mandarins”), les frégates, les sternes fuligineuses (appelées “yéyés”) ou encore les sternes blanches (“oiseau la vierge”).

Sur terre, deux espèces endémiques et menacées peuvent encore être observées: le cardinal jaune de Rodrigues (Foudia flavicans - Yellow Rodrigues Fody) et la Rousserolle de Rodrigues (Acrocephalus rodericanus - Rodrigues warbler).

Le seul mammifère endémique vivant dans l’île est une chauve-souris frugivore.

C’est en réalité sous l’eau que la faune est la plus riche, les 90 km de récifs abondent en poissons coralliens et en invertébrés, mais aussi en poissons pélagiques qui viennent chasser.


Flore

Autrefois luxuriante, la flore de Rodrigues a beaucoup souffert de la déforestation en raison des dégâts causés par le bétail, des longues périodes de sécheresse et de la surexploitation de certaines plantes utilisées pour leur valeur médicinale ou comme matière première pour la production d'objets artisanaux.

Le reboisement et la protection de la flore est devenu une priorité, tout comme l’implantation de mangroves dans le lagon pour freiner l’érosion. Des zones ont été proclamées réserve naturelles et des opérations de reboisement ont été entreprises. Plus de 3’500 personnes se sont activement impliquées dans ces projets. Les Rodriguais ont démontré un véritable enthousiasme pour se lancer dans la culture des plantes endémiques et ainsi préserver leur patrimoine naturel.

Les arbres et arbustes les plus répandus dans l’île sont les filaos, les lataniers, les vacoas, les aloès, les citronniers et les vétivers. On trouve aussi une plante spécifique à l’île, appelée “vieille-fille”, une sorte de petit arbuste aux fleurs roses que l’on utilise en infusion. Mais aussi d’autres plantes très rares aux noms mystérieux: café marron, bois pipe, bois de mangue, bois de fer, bois chauve souris, bois cabri, bois puant...

Texte et photos: © Fabrice Bettex / Mysterra




 
Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

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Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

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Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues

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Photo île Rodrigues - Piqueuses d'ourites

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Photo île Rodrigues - Piqueur d'ourites

Photo île Rodrigues

Photo île Rodrigues - Port Mathurin

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Photo île Rodrigues - Piqueuses d'ourites

Photo île Rodrigues - Piqueuses d'ourites

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Photo île Rodrigues - Ile aux Cocos

Photo île Rodrigues - Ile aux Cocos

Photo île Rodrigues - Ile aux Cocos

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Photo île Rodrigues - Ile aux Cocos

Photo île Rodrigues - Ile aux Cocos

Photo île Rodrigues - Ile aux Cocos

Photo île Rodrigues
       
         
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