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Si les îles Malouines sont réputées pour leur faune et leurs grands espaces vierges, elles le sont beaucoup moins pour la pratique de la plongée sous-marine. Une quantité de raisons plaident contre la pratique de cette activité à cette latitude et à fortiori en tant que touriste. Tout d'abord l'aspect logistique, principalement le transport du matériel pose un problème pratique car la Royal Air Force, seule “compagnie” proposant un vol direct, autorise officiellement une charge de bagage de 27 kg par personne. Par kilo supplémentaire une taxe pour le moins dissuasive de 25 £ sera appliquée. Heureusement, il semble que le personnel de la RAF ne soit pas aussi strict que les documents de vol le laissent entendre. A deux, il nous a été possible d'embarquer pratiquement 100 kilos de bagages, il est vrai bien réparti entre nos bagages à main, nos valises et nos poches!

Sur place, si l'on désire plonger sans être totalement dépendant de tierces personnes, il est indispensable de disposer d'un véhicule de location.

Passés ces premiers obstacles, il faut trouver sur l'île le matériel manquant (bouteilles et plombs). Nous profitons de l'occasion pour remercier Mick Reeves et ses amis de l’association de plongeurs “Zaps” sans qui la plongée aux Malouines se serait très certainement limitée à une ou deux immersions. Mick nous a prêté très gentiment des plombs et deux bouteilles qu’il nous a proposé de remplir en temps voulu. Une fois les problèmes logistiques réglés, la principale incertitude résidait dans la météo. Si l'on peut s’accomoder de la pluie et du vent glacial, l'état de la mer est par contre souvent synonyme d’annulation des plongées, une forte houle rend la mise à l'eau difficile, voire dangereuse.

Bien que nous ayons l'habitude des plongées en eau froide, cette région nous a posé quelques problèmes inattendus: le manque de profondeur aux abords des côtes et la difficulté pour trouver des accès à la mer suffisamment proche des voies de communications. Il nous a été impossible de plonger à plus de 15 mètres de profondeur, ceci nous exposant fréquemment aux turbulences de la houle. Ce ressac incessant rend les plongées pénibles et diminue la visibilité. Dans les bras de mer, mieux protégés, la houle ne se fait pas sentir mais la couleur de l'eau et la visibilité sont influencées par l'eau des rivières, fortement colorées par la tourbe et gorgées de sédiments. De plus, les marées, pourtant pas de grande amplitude, provoque des courants assez importants et charrient du sable et des algues en grandes quantités, réduisant fortement la visibilité.

La grande particularité des eaux des Malouines est le “kelp”, sorte d'immense algue de forme et taille diverses, épaisse et robuste, il peut atteindre 30 mètres de hauteur. Enchevêtré, il forme des forêts qui peuvent s'étendre sur plusieurs kilomètres carrés. Quant à la faune marine, si l'on excepte les mammifères marins et les manchots que l'on observe que rarement, les animaux les plus souvent rencontrés sont quelques petits poissons, beaucoup de crabes, des sortes de langoustines (Munida gregaria), des méduses, des isopodes, des escargots et d’étranges “insectes”, non-identifiés, que nous avons nommés “cafards subaquatiques” (faisant probablement partie de l’ordre des isopodes)!

Toutes nos plongées se sont déroulées sur l’île de “East Falkland”, la plupart à partir des côtes. Un bateau aurait permis d'élargir l'éventail des sites avec, entre autre, un nombre important d'épaves, souvent très anciennes et complètement disloquées, qui jonchent les côtes des Malouines. Mais là encore, si la région de Stanley (capitale et unique point de départ des très rares bateaux de plongée) et de Port Williams sont facilement accessibles, les déplacements sur de plus grandes distances prennent vite l'allure d'expéditions compliquées et très coûteuses.


Nos expériences

Le but de notre voyage était de rapporter un grand nombre d'images terrestres et sous-marines, sans cet objectif il est probable que nous aurions renoncé à la plongée, au vu des multiples difficultés déjà évoquées. Après avoir transporté notre matériel jusqu'aux Malouines, la première chose à faire fut de prendre contact avec Mick, un membre du “Zapsaod” (Zaps Association Of Divers) avec qui nous avions eu des contacts par e-mail lors de la préparation du voyage. Nous rencontrons Mick au local du club situé à l’extrémité du port de Stanley, c'est un genre de porta-cabine. Des gilets et du matériel sèchent devant l’entrée, visiblement le vol n'est pas la principale préoccupation des autochtones. Une fois le matériel embarqué dans notre petite jeep Suzuki, nous sommes enfin prêts pour notre première plongée, enfin presque car nous devons encore déterminer l'endroit où nous allons tenter cette première expérience. Près de Stanley les accès à la mer sont limités, toutes les plages ou lieux idéals pour une mise à l'eau sans difficulté ont été systématiquement minés par les Argentins lors du conflit de 1982. Sans trop d'hésitation nous portons notre choix sur Surf Bay, l’unique plage de sable accessible. La météo n'est pas de la partie, il souffle un vent assez fort, la mer est mouvementée, au large on aperçoit de grandes vagues se fracasser sur les rochers. Nous ne sommes pas vraiment sûrs des courants et des marées, à regarder au loin il ne ferait pas bon de se faire tirer vers le large! Cette plongée est la toute première que nous pratiquons en mer avec une combinaison étanche. La charge de plombs nécessaire est une inconnue supplémentaire, nous décidons de prendre 15 kg, masse énorme sur terre mais qui se révélera insuffisante dans l'eau en raison de la faible profondeur et de nos besoins accru en stabilité pour prendre des photos. La mise à l'eau n'est pas trop difficile, malgré les vagues assez importantes, nous nageons vers le large à une profondeur de 2 mètres pour arriver péniblement à une profondeur maximale de 6 mètres ! Le ressac rend cet exercice extrêmement pénible, la masse d'eau qui nous entoure est en constant mouvement de va-et-vient. Il est difficile de savoir si on avance ou on recule, de plus il semble toujours que le courant soit contre nous quelque soit la direction dans laquelle on nage. Se déplacer avec un caisson-photo volumineux n’arrange pas les choses. La visibilité est médiocre, la mer brasse trop de sable. La seul découverte de cette plongée est le kelp qui, emmêlé, forme d'immenses “boules” d’environ 2m de largeur sur 1,5m. de hauteur. Ces amas d’algues se balancent au gré des vagues, sensation très lugubre rappelant les forêts hantées digne des films de Walt Disney! Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour être impressionné. En sortant de l'eau, nos impressions sont mitigées, nous sommes frustrés du manque de profondeur et du peu de choses à voir.
Toutefois, nous sommes contents d'avoir pu nous mettre à l'eau et d’être partis à l’aventure dans un endroit où très peu de plongeurs ont eu l’occasion de se rendre.

Deux jours plus tard nous explorons la partie méridionale de l'île en direction de Darwin et Goose Green, notre destination est “Body Creek Bridge”, le pont suspendu le plus au sud de la planète. Jusqu'à Goose Green la route est praticable, plus loin c'est quasiment du hors piste, après 4 km de route défoncée nous découvrons ce pont délabré en charpente métallique. Plusieurs pancartes interdisent son utilisation, ce n'est plus qu'un vestige des efforts des habitants de la région pour améliorer les voies de communications. Dans quelques années une tempête le fera certainement s'écrouler dans le bras de mer qu'il enjambe. Pour le moment, il nous est très utile, il nous permet de sonder à l’aide d’une corde et d’un plomb la profondeur au milieu de la passe, verdict 11 mètres. A 100 m du pont la mise à l'eau est facilitée par une petite plage de cailloux. Là encore, comme pratiquement toujours, la visibilité est mauvaise: de 3 à 5 m. Il fait très sombre, le fond est vaseux et le kelp n'aide pas à rendre l'ambiance plus lumineuse. Un faible courant dû à la marée nous pousse en direction du pont, rien de bien méchant. La faune se limite à des crabes araignées, des bernard-l’ermite, de gros coquillages et des étoiles de mer, aucun poisson. Avec la mauvaise visibilité, il faut être très vigilant, un moment d'inattention suffit à perdre de vue son partenaire, cela nous rappelle nos lacs suisses! Le seul moment d'émotion est ressenti lorsque je découvre un objet allongé enfoui dans la vase, je sais que plusieurs combats ont eu lieu dans la région... Après quelques secondes, je remarque, soulagé, que ce n'est pas une roquette ou un obus mais une simple bouteille d’une forme peu courante. Peut-être une vieille bouteille appartenant à un galion espagnol, nous n’en saurons rien, vide, je la laisse reposer dans son linceul de vase.

Direction Fitzroy, petite colonie de fermes entre Stanley et l'aéroport de Mont Pleasant. L'endroit à été choisi pour sa mise à l'eau facile: un bras de mer calme et bien protégé de la houle. Le temps est à la pluie avec un petit vent glacial, tout ce qu'il faut pour décourager le plongeur le plus motivé. Heureusement nous avons repéré une petite grange d’où nous pouvons nous équiper. Dans l'eau la visibilité est catastrophique et la profondeur à marée haute n'est que de cinq mètres! Nous avons beau nager en direction du large, la profondeur n’augmente pas. Après vingt minutes, nous approchons de la sortie du bras de mer, le courant devient important et c'est principalement au fond qu'il se manifeste le plus pour devenir carrément violent. Ce courant emporte avec lui de la vase, des algues et des sédiments créant une rivière sous-marine boueuse. Nous relevons une nouvelle fois la présence de nos “cafards subaquatiques”, sortes d’insectes de 1 à 3 cm qui se déplacent sur le sable . Nous les avons rencontrés par centaines à chaque plongée. Au retour, à deux mètres de profondeur, je découvre une balle de fusil 7.65, cette fois il est facile de deviner que c'est un vestige du conflit de 1982. Le 8 juin, lors d’opération de débarquement à Fitzroy, deux bâtiments anglais furent attaqués par l’aviation argentine. Cette attaque fit 50 morts et 60 blessés graves, elle représenta sans aucun doute le jour le plus noir pour les forces britanniques.

Nous avons décidé d’explorer la partie nord ouest de l’île, notre but est la visite de Port San Carlos, à environ 100 km de Sanley. Le temps est beau et la région très accueillante. Arrivés à destination nous traversons la piste en herbe de l’aérodrome, peuplée de moutons et d’oies, pour atteindre la plage d’où nous désirons plonger. Tout se présente bien, la visibilité est pour une fois bonne. Le fond est sablonneux, pas de courant, pas de houle, pas trop de particules en suspension, de plus la pente est assez marquée, nous descendons jusqu'à 15 m, c'est presque le rêve on est tout près de la vraie plongée! Pendant la descente nous croisons plusieurs petites méduses en forme de fleur bleu fluorescente. Plus bas, dans le sable, il y a des centaines de langoustines (Munida gregaria), à notre approche elles fuient avec une rapidité fulgurante. Il y a aussi toutes sortes de crabes mais toujours pas de poissons. Nous consacrons la remontée à prendre des clichés dans une petite forêt de “kelp”. Le bilan de cette plongée nous réjouit, enfin des conditions “normales”.

Après plusieurs malentendus et tergiversation nous allons plonger avec David, propriétaire du seul club officiel et commercial des Malouines: le “S.A.M.S” (South Atlantic Marine Services). Il propose de nous emmener avec son bateau semi-rigide près de Tussac Island, située à la sortie de Port William. Nous allons enfin nous rendre compte, si le fait de plonger loin des côtes, nous offre des plongées de meilleure qualité. Lors du trajet d’environ 20 minutes l'échosondeur ne trouva pas de profondeur supérieure à 20 mètres. A l’étrave de notre bateau, quelques “dauphins de commerson”, espèce assez rare observée uniquement proche des côtes sud-américaines, des îles Kerguelen et des Malouines nous accompagnent quelques instants. Nous nous mettons à l’eau rapidement dans l’espoir de voir réapparaître les dauphins, David, resté sur le bateau, nous averti de la possibilité d’observer aussi quelques femelles lions de mer, nous ne verrons malheureusement ni l’un ni l’autre! La visibilité est acceptable, environ 10-15 mètres, nous découvrons une foret de kelp d'une densité impressionnante, les plantes font largement 10 mètres de hauteur. A plusieurs reprises nous restons emmêlés dans les multiples branches de kelp, c'est d’ailleur souvent notre couteau, fixé au tibia, qui nous pose le plus de problème, il persiste à s’accrocher dans les branches d’algues. La faune est malheureusement pratiquement absente, dans un tel décor, des bancs de poissons ou l’apparition d’un lion de mer aurait été fabuleux... Sur le retour, nous sommes obligés de contourner certains “troncs” totalement impénétrables, ce n’est même plus une forêt mais carrément une jungle qui s’offre à nous. A certain moment nous nous perdons presque de vue tellement la végétation est dense. Nous sortons contents de cette expérience unique, pour une fois nous n’avons pas eu de difficulté à finir notre film photo. La plongée avec le club “S.A.M.S” a été intéressante et même si David est un commerçant averti, il est néanmoins très sympathique. Le seul problème est le coût des plongées, pour deux personnes avec bouteilles et plombs fournis, la facture s’élève à 60£ pour un trajet proche de Stanley; pour une expédition plus éloignée, le prix prend des proportions vertigineuses! A ce tarif-là on limite facilement le nombre de plongées, surtout qu’elles n’offrent, à notre grande surprise, pas grand chose de plus que les plongées effectuées depuis les côtes si ce n’est une profondeur un peu plus importante et une facilité de mise à l’eau. Peut-être faudrait-t-il faire un trajet beaucoup plus long et s’éloigner passablement des côtes, chose difficilement réalisable en raison des caprices de la météo et des coûts exorbitants.

Ce sentiment nous sera confirmé quelques heures plus tard lorsque nous retrouvons Zac, Jeff et Mick (du club Zapsoad) pour une deuxième plongée. Sur leur embarcation semi-rigide nous prenons pratiquement la même direction que ce matin, notre destination de plongée est l'épave du John R. Kelly, un cargo à voile coulé il y a plus de 100 ans. Sur le site, Zac, le pilote, prend ces amers avec une bonne précision. L'amarrage est un peu fastidieux, pour finir Mick décide d’attacher l’ancre de notre embarcation à du kelp, ce qui donne une idée de la robustesse de ces plantes. L’épave gît, disloquée, par 12 mètres de fond, envahie par du kelp. Seule l'ancre reste intacte et reconnaissable, elle sert de refuge à quelques poissons gris-bleu d'une trentaine de centimètres. Plus loin, quelques nudibranches jaune clair se déplacent lentement sur des feuilles de kelp, premier animal rencontré un tant soit peu coloré. En cette fin d’après-midi, l’intensité de la lumière ayant passablement baissé, la visibilité est une nouvelle fois mauvaise. Une plongée sympathique, sans plus, nous avons plus découvert un amas de bout de bois qu’une véritable épave. Le principal intérêt de cette plongée fut l'opportunité de passer un moment avec des habitants des Malouines et de partager notre passion.

Quelques jours plus tard nous nous rendons à Salvador, propriété de Nick qui nous accueille très gentiment dans son domaine et nous conseille une plage où l’on pourra observer des manchots et plonger. Nous allons tenter de prendre des photos de manchots sous l’eau. Ce sera l'échec total, ces oiseaux nagent à une vitesse fulgurante et nous évitent comme si nous étions des prédateurs. Difficile d’imaginer cette agilité et cette rapidité dans l’eau, surtout quand on observe leur maladresse sur terre! Nous en apercevons quelques-uns en surface qui disparaissent en une fraction de seconde. Le reste de l’immersion est une petite promenade à 9 m de profondeur dans le kelp cachant de nombreux crabes et étoiles de mer. Le courant à l'entrée de la passe devient tellement violent (de 5 à 8 noeuds) qu’il nous oblige à faire surface. Une femelle lion de mer est là pour nous accueillir, elle nage en surface. Assez curieuse, elle hésite à s’approcher, fait des va-et-vient et finit par s’en aller. Décidemment nous n’avons pas de chance!

La dernière plongée avant notre départ pour l’île de Sealion - véritable sanctuaire des éléphants de mer où nous profiterons de nager en leur compagnie à la tombée de la nuit - est consacré à la macro-phototographie. En effet, peu rassurés concernant les résultats de nos photos d’ambiance, nous avons décidé de plonger à Port Louis dans une eau peu profonde pour effectuer des prises de vue de la petite faune.

En conclusion, il nous est difficile de donner un avis bien arrêté sur la plongée aux Malouines, partagés entre la déception d’observer une faune trop rare avec une visibilité souvent médiocre et l’excitation de découvrir des endroits où personne n’a trempé ses palmes. Une chose est certaine, un parfum d’aventure nous a accompagné lors de chaque plongée, ne sachant jamais vraiment ce que nous allions découvrir. Des moments, comme la préparation de notre équipement en compagnie de manchots papous ou le fait d’être perdus dans une véritable jungle sous-marine, resteront innoubliables. Avec un peu plus de chance nous aurions pu nager avec des dauphins ou jouer avec des lions de mer, expériences qui auraient complètement modifié l’intérêt de nos plongées.


Texte: © M.Chabod / F. Bettex   •   Photos: © Fabrice Bettex / Mysterra




 
Photo sous-marine îles Malouines

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