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Gansbaai, petite ville sans grand charme située à 150 km de Cape Town est la mecque des passionnés du grand requin blanc. Ici, le squale est partout, en affiche géante, en poster, sous forme de statue dans les jardins ou encore sur les devantures des magasins. Gansbaai a la particularité de se situer à proximité de la fameuse “Shark Alley”, un couloir marin où patrouille une grande concentration de requins blancs. Avides de sensations fortes ou simplement curieux d’observer ce redoutable prédateur, des hordes de touristes y viennent pour plonger dans une cage et fixer la bête dans les yeux.

A 8 km au large des côtes de Gansbaai se trouve “Dyer Island” et “Geyser Rock”, ces deux minuscules îles abritent des milliers d'otaries à fourrure du Cap qui comptent parmi les mets préférés du grand blanc! Attirés par ce garde-manger, les squales sont nombreux à nager dans ces eaux. On estime une population de plus de 200 spécimens dans cette région. Ce ne sont bien sûr pas en permanence les mêmes individus puisque les requins blancs sont très nomades. Il a été prouvé récemment, grâce à un marquage électronique (dispositif de positionnement par satellite), qu’un requin blanc a pu parcourir un aller-retour entre l’Afrique du Sud et l’Australie en 6 mois, soit plus de 22’000 km!

En raison de sa puissance et de sa taille (en moyenne entre 3 et 4 mètres, mais pouvant atteindre plus de 6 mètres) le requin blanc peut-être potentiellement dangereux pour l’homme. Mais en réalité, nous sommes bien plus nuisibles pour lui. Des dizaines de millions de requins sont massacrés chaque année autour du monde, principalement pour leurs nageoires aux vertus soi-disant aphrodisiaques ou simplement chassés pour le prestige. Un film comme “les dents de la mer” a fait beaucoup de mal pour la sauvegarde de cette espèce, vu comme un monstre sanguinaire alors que le grand blanc cause infiniment peu d’accidents fatals pour l’humain. On aura beau rappeler que le risque d’être attaqué est extrêmement rare, que les requins tuent bien moins d’hommes que les abeilles, et ajouter que la plupart des victimes se sont mises toutes seules en danger, cela ne suffira pas à oublier les images traumatisantes d’un tel film. Dans la plupart des cas, le requin blanc mord un être humain par erreur. S’il attaque un surfeur ou un baigneur, c’est souvent parce qu’il l’a confondu avec l’une de ses proies habituelles. C’est le cas des surfeurs qui se couchent sur leur planche et qui, vus du dessous, peuvent ressembler à une otarie dont les requins raffolent.

En 1991, l’Afrique du Sud devint le premier pays à déclarer le requin blanc comme espèce protégée. Malheureusement, après des millions d’années de suprématie indiscutable, ils sont maintenant à lutter pour leur survie. Voilà qui devrait nous convaincre que lorsque le requin blanc rencontre l’homme, c’est bien le squale qui court le plus de danger!


Face à face avec le grand blanc.

Nous embarquons dans un bateau depuis Kleinbaai, minuscule village voisin de Gansbaai, en direction de Dyer Island. Une fois atteint la fameuse “Shark Alley”, le navire est amarré et la cage mise à l'eau. Un membre d’équipage prépare le “chum”, une mixture nauséabonde de poissons hachés et d’huile de sardine, puis il lance de petites quantités à l’eau, laissant une traînée rougeâtre en surface qui suit le courant. Il ne reste plus qu’à attendre... Le requin devrait détecter l’odeur et remonter jusqu’à nous. C’est une longue attente qui commence et qui peut durer des heures. L’impatience nous gagne, nous allons d’un endroit à l’autre de l'embarcation en quête du moindre signe annonciateur de la présence d’un requin, les yeux rivés sur les flots. Un cri déchire enfin le silence: un aileron sur la gauche! A quelques mètres, une nageoire dorsale apparaît à la surface de l’océan. L'animal glisse à travers l'eau avec une élégance incroyable et semble s'éloigner. La silhouette fugitive joue avec nos nerfs. Elle rôde autour du bateau et de la cage qui enferme trois plongeurs aux yeux écarquillés, baignant dans une eau à 14 degrés. Grande déception: la visibilité ne dépasse pas un mètre dans ces eaux trop agitées, il est pratiquement impossible d’observer ce seigneur des océans. Une forme improbable surgit de nulle part, frôle la cage et disparaît aussitôt dans cette masse d’eau trouble. C’est avec une grande frustration que nous décidons d’axer notre observation depuis le pont du bateau, au sec et au chaud, ce qui n’est finalement pas si mal car nos visiteurs ne se gênent pas de faire surface, mâchoire béante et menaçante. Bien que les requins blancs soient présents toute l'année, la meilleure période pour les observer s'étale de mai à octobre parce qu'ils sont plus nombreux. Mais nous apprendrons plus tard que la meilleure saison est le mois de juin, à ce moment là, la visibilité est bonne et permet de les admirer aisément dans une eau claire. Peu de chance non plus de les voir sauter hors de l’eau. C’est aussi en juin qu’ils se prêtent le plus fréquemment à ce genre d’excercice époustouflant et très esthétique pour les photographes...

A la surface, une tête de thon reliée à un flotteur appâte le squale. Quelques fois le requin hésite, tourne autour de l’appât, prudent et méfiant, il l’inspecte puis finalement se décide à l’attraper avec calme et délicatesse, c’est plutôt étonnant! On est loin de la sauvagerie des dents de la mer... D’autres fois, il n’hésite pas, il fait surface violemment, happe le poisson et le secoue avec frénésie. Cela parait irréel tant la puissance qu'il dégage est impressionnante. L’appât part en morceaux sous l’oeil des quelques courageux qui sont restés dans la cage.

On peut se poser la question du bien fondé de ces excursions touristiques où le requin est devenu une sorte d’animal de cirque et un gagne-pain considérable pour la dizaine d’opérateurs qui se partagent ce marché lucratif. Mais si ces excursions sont organisées dans le respect de l’animal, cela devient un instrument d'éducation. C’est finalement le seul moyen pour observer ce fabuleux animal qui ne peut survivre en captivité. Et pourquoi pas, de ne plus le redouter et de contribuer à sa sauvegarde car le grand blanc est bien moins dangereux que sa réputation.

Quoi qu’il en soit nous garderons l’image d'un seigneur des océans qui ne mérite pas d'être massacré pour que ses nageoires baignent dans un bol de soupe!

Texte et photos: © Fabrice Bettex / Mysterra




 
Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Plongeur en cage

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

Photo Afrique du Sud - Grand requin blanc

       
         
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